October 21, 2013

“Dans une maison Victorienne décrépie de Peckham, les gigantesques et lumineux anciens salons et chambres font office d’atelier occupés par des jeunes adultes qui partagent une flamme artistique commune et qui chaque mois y exposent leurs créations, sculptures et peintures, parfois à peine sèches…

La première fois que j’en ai entendu parler, j’ai immédiatement pensé à La Ruche, cette colonie d’artistes de Montparnasse du début XXème siècle où Modigliani, Chagall, Léger et Soutine étaient voisins de Bohème et de palier, et se posaient des questions romantiques sur le mythe moderniste…

Des grands thèmes sont abordés de manière inventive et aventureuse dans une exposition qui explore l’incertitude qui est au premier plan du 21ème siècle.”

Jackie Wullschlager

Financial Times
19 Mai 2007


Ce n’et pas anodin si en tant qu’artistes de MAD Agency nous nous sentons proches des Peckham Seven et que nous avons décidé d’exposer leur travail au 104 Kléber pour l’exposition ‘PECKHAM – NEW YORK – PARIS’.

Pour ceux qui ne connaitraient pas Peckham, c’est un district du sud-Est de Londres situé dans le Borrough of Southwark. C’est là bas que l’on rencontre la plus grande diversité éthnique de toute l’Angleterre.

À l’instar d’Asnières-Sur-Seine qui se situe à l’extérieur du périphérique, véritable ‘rideau de fer’ qui sépare Paris de sa banlieue, Peckham est très stigmatisée socialement et les deux villes souffrent d’une réputation de violence.

Jusqu’à très récemment Peckham était connu comme étant le centre de la violence par balle, des gangs et des développements en barres et tours d’HLM dont le ‘North Peckham Estate’ qui fut initialement construit comme un projet utopiste de vie en commun et qui malheureusement devint le terrain de jeux des criminels les plus violents, ce qui conduit éventuellement son architecte à se suicider alors qu’il avait créé un Frankenstein architectural et social…

Personne n’aurait pu imaginer que Peckham deviendrait un hub artistique duquel émergerait certains des artistes contemporains britanniques les plus importants et même le New York Times décrivait, l’année dernière, Peckham comme étant ‘la destination culturelle Londonnienne par excellence’.

Comment s’est opéré ce changement me direz-vous? Personne ne pourra le dire exactement, mais il est certain que ce sont les Peckham Seven qui sont à l’origine du redéveloppment et du re-branding artistique de ce quartier alors qu’ils habitent, travaillent et exposent à Peckham depuis 2006.


PECKHAM ANECDOTES
Une entretien avec Shaun McDowell des Peckham Seven.

 

Vivre à Peckham?

Je me suis installé à Peckham en 2002 car les loyers ne valaient pas grand chose. Je partageais une maison dans laquelle j’avais un petit atelier.

Les Peckham Seven?

Ils sont composés de James Balmforth, James Capper, Nathan Cash Davidson, Bobby Dowler, Christopher Green, Oliver Griffin et moi-même, Shaun McDowell 

Ta rencontre avec Bobby Dowler?

J’ai rencontré Bobby dans un bar un soir. Il squattait une maison Géorgienne de 15 chambres sur Lyndhurst Way. Le propriétaire aimait bien la manière dont Bobby gérait l’espace et donc lui à demandé un pound de loyer par mois pour y vivre et s’occuper de l’espace. À cette époque, Bobby créait des sculptures sur le thème de l’équilibre, comme des balanciers qu’il souhaitait exposer dans cette maison. Je travaillais  pour Donald Smith, le directeur du ‘Chelsea Space’, l’aidant pour les montages d’exposition ou j’ai pu approcher le travail de Peter Blake, Laurence Weiner et Peter Saville, c’est là bas que j’ai rencontré Hannah Barry lors d’un vernissage. Je l’ai invité à diner avec Bobby, James Balmforth et Christopher Green pour discuter des possibilités de faire une exposition à Lyndhurst Way tout en sachant déjà qu’elle serait partante! Nous avons donc commencé à nous creuser la tête, nous avons fait le tour des collèges de Londres à la recherche de jeunes artistes qui étaient invités par Bobby à s’installer dans la maison…

Ta rencontre avec James Capper?

En me baladant au Chelsea College of Art, j’ai vu une base de sculpture – un moteur vissé sur un chariot en bois- qui m’à immédiatement interpellé. Je ne savais pas de qui était cette pièce donc j’ai laissé un post-it avec mon numéro et le lendemain j’ai reçu un coup de fil de James et voilà…

Ta rencontre avec Nathan Cash Davidson?

Nathan s’est pointé et m’à mis une de ses toîles sous le nez -”Alan Sugar Fired A Duck Because It wasn’t Horseheaded”. Quand j’ai vu le travail de Nathan, je me suis tout de suite dit qu’il méritait sa place. Lorsque nous avons commencé à monter “Experiments with Figuration” à Lyndhurst Way j’ai directement pensé à Nathan. Comme d’habitude il était injoignable, j’ai du me résoudre à appeler son père!

Parle-nous de Lyndhurst Way?

D’office nous nous sommes réparti les taches parmis le groupe central. James à retranché l’électricité à partir de la rue et refait l’installation électrique dans tout le bâtiment! Christopher s’occupait de tout ce qui est graphisme, invitations et impressions. Je me suis beaucoup occupé des travaux/rénovations/aménagement intérieur de l’espace afin de le faire ressembler à un ‘White-Wall’ space. Bobby est revenu un jour et s’est aperçu que tous les radiateurs, les baignoires et la cuisine avait disparus… Il hurlait:

-’what the fuck, where are the radiators?!!’

J’arrêtais pas de lui dire:

-’It had to be done Bobby’…

Les expositions à Lyndhurst Way?

Le premier show dans cette maison fut ’10 Rooms and a Sculpture Garden’ dans lequel on à pu retrouver le travail de 26 jeunes artistes. Pendant un an après cette première exposition nous avons ont organisé un programme d’expositions qui changeaient toutes les mois. Au total Lyndhurst Way aura accueilli le travail de plus de 55 artistes en une seule année!

 


MONUMENTAL PAINTING AND SCULPTURE

Sous l’impulsion de Lyndhurst Way, les artistes ont commencé à monter des expositions ailleurs à Peckham et dans Londres. Hannah Barry rêvait depuis longtemps de faire un show d’envergure et c’est ainsi que l’exposition “Monumental painting sculpture and film à vu le jour à Area 10, un autre espace de création autogéré par des artistes. Des installations monumentales avec des projections gigantesques de James Balmforth, des peintures de 6m de long avec des miradors construits par James Capper.

 

BOLD TENDENCIES

L’ultime exposition sous l’égide de Lyndhurst Way -Bold Tendencies-  était une autre vision de Hannah Barry: une exposition de sculpture sur le rooftop de Summer House en 2007.

Bold Tendencies est depuis devenu une institution annuelle à Peckham, subventionnée par le Concil des Arts et est un des plus grands évènements d’art contemporain dans le calendrier culturel Anglais.

Découvrez les expositions de Lyndhurst Way sur:

http://www.spaceplatform.net/mainpage.html

 

APRÈS LYNDHURST WAY:

“Hannah savait qu’elle devrait prendre un risque et ouvrir enfin sa propre galerie. Beaucoup de gens sont rentré dans la normalité et ont ouvert des galeries dans le centre de Londres, à Mayfair… Hannah, elle, adorait l’énergie des artistes et du quartier à Peckham et à su reconnaitre le potentiel qui pouvait être atteint avec un engagement artistique. C’est elle qui à ouvert la première galerie commerciale à Peckham! Pour sa première exposition, Hannah à regroupé les artistes derrière Lyndhurst Way avec certains des artistes extérieurs y ayant exposé dont Oliver Eales, Tom Barnett, Gareth Cadwallader, Nick Jeffries etc…”

Grâce à Lyndhurst Way, les artistes ont commencé à se faire connaître par les médias ce qui leur à donné une visibilité dans le monde de l’art contemporain. Après leurs marathon d’expositions à Lyndhurst Way les artistes se sont consacrés à développement de leurs carrières.

La critique à commencé à les encenser alors qu’ils commençaient à travailler sur leurs premières expositions solo et commençaient à travailler avec leurs premières institutions et fondations. James Capper et Nathan Cash Davidson étaient déjà représentés par des galeries avant même d’avoir reçu leurs diplômes. Nathan fut invité à faire une exposition solo à Parasol Unit, ce fut l’artiste le plus jeune, à seulement 25 ans à avoir un solo show là bas!

Depuis leur arrivée au début des années 2000 à Peckham, les Peckham Seven auront parcouru ensemble un beau chemin! Vous les retrouverez demain soir pour la première fois de leur histoire à Paris avec des oeuvres inédites à la galerie 104 Kléber pour le vernissage de leur exposition ‘Peckham – New York – Paris’.


Peckham, New York, Paris

Une exposition des Peckham 7, invités par Dominique Dutreix, Anatole Maggiar et Chi Chi Menendez.

Avec le soutien de la COFFIM, de MAD Agency et de laVilla Lena.

Galerie 104 Kléber, 104 Avenue Kléber, 75116
23-27 Octobre 2013, 11h-19h.

Vernissage le 22 Octobre de 17h à 22h